L’histoire des Bories

Sur les premières pentes des Monts de Vaucluse, face au Luberon, le village des Bories, avec ses bergeries, ses fours à pain, cuves à vin, aires à battre le blé, ruelles, enclos et murs d'enceinte, témoigne de l'activité laborieuse d'innombrables générations. Près de 3000 années de continuité, puisque l'origine des bories remonte à l'âge du bronze, et que les plus récentes ont été construites au XVIIIème siècle.

Sur les premières pentes des Monts de Vaucluse, face au Luberon, le village des Bories, avec ses bergeries, ses fours à pain, cuves à vin, aires à battre le blé, ruelles, enclos et murs d'enceinte, témoigne de l'activité laborieuse d'innombrables générations. Près de 3000 années de continuité, puisque l'origine des bories remonte à l'âge du bronze, et que les plus récentes ont été construites au XVIIIème siècle. Le Village des Bories, classé monument historique en 1977, constitue le groupement le plus important de cet habitat de pierre sèche, caractéristique du pays d'Apt, dont la plus forte concentration se trouve sur le territoire de Gordes.

Abandonné depuis plus d'un siècle, envahi par la végétation, le village avait subi les atteintes du temps et souffert de graves déprédations. Il était urgent de le restaurer et de préserver ce rare exemple d'architecture spontané heureusement intégrée au site par l'utilisation du matériau brut dans l'économie des moyens et des formes. Il est maintenant protégé, mais ouvert aux visiteurs. Organisé en musée d'habitat rural, il abrite une collection d'objets et d'outils traditionnels de la région, et réunit une documentation sur le passé de Gordes, sur les bories et l'architecture de pierre sèche en France et dans le monde.

La découverte du village des Bories est incomparable. L'harmonieuse répartition des masses horizontales et verticales, l'équilibre végétal minéral, les jeux d'ombre du levant et du couchant, tout concourt au charme original d'un site privilégié que l'on visitera de préférence dans le calme et la lumière du matin.

Sur les premières pentes des Monts de Vaucluse, face au Luberon, le village des Bories

Histoire des Bories

16 août 1979 - Gordes

L'après-midi avec Ioan Gusa et Claude-Henri Roquet, à Gordes, pour y visiter "le village des bories". Une impression extraordinaire. Pouvoir pénétrer librement dans un village de structure néolithique et qui a pourtant été habité jusqu'au XVIIIe siècles... Juste un peu d'imagination, et l'on découvre tout un monde de valeurs et de sens qu'on aurait beaucoup de mal à voir dans les livres, les photos et les pièces isolées des musées...

Mircea Eliade (Fragments d'un journal III)

Mircea Eliade (Fragments d'un journal III)

Borie ou bori ?

Le terme générique local de ce type de construction est tout simplement  cabane. C’est aussi le terme que les puristes préfèrent puisque c’est le nom utilisé par les anciens pour désigner ces constructions.  Pourtant aujourd’hui dans la région c’est le terme borie qui est communément utilisé.
Borie est l’équivalent français du provençal bori désignant un mas et vient du médiéval boveria, boria, étable à bœufs. On l’emploie sans distinction au féminin ou au masculin.

Le village des Bories de Gordes

Gordes, Luberon, Provenza

Ce hameau dit « Les Cabanes », avant d’être baptisé Village des bories, est situé à 4km de Gordes, à 270m d‘altitude.
Dépourvu de cimetière et d’église, ce hameau est typique de l’habitat temporaire qui, dans les pays méditerranéens, venait doubler le village permanent et était lié aux travaux agricoles saisonniers.
Son apparition résulte des grands mouvements de conquête des terres qu’à connus la Provence aux 17ème et 18ème siècles. La ruée sur les collines autour de Gordes est à l’origine des milliers de tonnes de pierres extraites du sol lors de la fabrication des champs qui donneront naissance aux différents groupes de cabanes que l’on retrouve sur ce plateau calcaire.Les parcelles défrichées étaient plantées de cultures « sèches » : muriers, amandiers, céréales, fourrage mais surtout oliviers. Tout près d’ici des moulins à huile d’une taille considérable nous renseignent sur l’activité phare de Gordes jusqu’au grand gel de 1956 : la production d’huile.

Les activités complémentaires étaient nombreuses et permettaient une valorisation de la main-d’œuvre familiale : élevage de petit bétail, miel, jardins, vergers, ramassage de plantes aromatiques, médicinales, cueillettes sauvages, boisillage, cavage de truffes, élevage du ver à soie…
Les maigres revenus tirés de l’exploitation de ces terres arides étaient pour les paysans un moyen d’échapper à la faim et au manque de grains qui souvent les menaçaient.

Une borie aménagée vue de l'intérieur

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